Un matin,
dans l’ordre.
09:40Tout le monde est habillé avant la mariée. Pendant un long moment, six personnes s’affairent devant le même miroir, refont des coiffures déjà parfaites, et personne ne pense encore à l’appareil.
11:15Le maquillage, depuis l’autre bout de la pièce. Je photographie par-dessus les épaules et à travers les portes plus qu’on ne le croit — ça garde un peu de distance dans le cadre, et c’est la distance qui donne à une image son air de ne pas être posée.
12:50Puis l’escalier, et le premier instant où elle s’y trouve vraiment seule. Elle s’est retournée une fois, une seconde à peine. C’est cette image-là.
Personne ne m’a demandé une seule de ces images. Ce sont celles qu’on a fait tirer.
À deux heures, les pièces sont vides — une chaise repoussée du miroir, un bouquet oublié sur le rebord de la fenêtre, la lumière déjà ailleurs. C’est en général la fin du matin, avant que tout se déplace dehors.